L’ONG Action Mines Guinée a présenté, ce vendredi 6 mars 2026 à Conakry, son deuxième rapport annuel des comités de suivi du projet Simandou. La rencontre avec la presse s’est tenue dans les locaux de l’organisation, en présence de plusieurs membres des comités issus des zones concernées par ce méga-projet minier.
Selon l’ONG, ces comités ont mené leurs activités dans cinq préfectures traversées par le corridor du projet, notamment Forécariah, Kindia, Mamou, Kérouané et Beyla. Leur mission consiste à suivre les impacts sociaux et environnementaux des activités liées au projet et à plaider pour davantage de justice environnementale et sociale en faveur des communautés locales.
À cette occasion, Ibrahima Sory Kourouma, responsable du projet Simandou au sein d’Action Mines, a détaillé les principaux impacts recensés.

« Les impacts documentés à ce jour se situent à cinq niveaux. La première préoccupation, commune à presque toutes les communautés, est la pollution des cours d’eau. Aujourd’hui, sur les trois composantes du projet, les cours d’eau sont fortement affectés par les activités des entreprises de Simandou.
Deuxièmement, il y a la pollution des domaines cultivables non compensés. Tout au long du chemin de fer, les parcelles non acquises pour le projet sont envahies par la boue provenant des travaux de construction, ou parfois par des déblais.
La troisième catégorie d’impacts concerne les fissures des maisons provoquées par le dynamitage utilisé par les entreprises. Cela se produit notamment au port de Kaback, dans la localité de Khaliré, et à Madina Woula, où un tunnel de 11 km a été creusé. Plus d’une centaine de bâtiments y ont été recensés. Bien que des mesures aient été prises, elles étaient insuffisantes : envoyer 500 sacs de ciment pour réparer plus de 100 bâtiments fissurés n’est pas à la hauteur. De plus, ce matériel n’a pas servi à réparer les habitations, mais a été détourné à d’autres fins.
Quatrièmement, il y a les compensations mal faites et les problèmes de réinstallation. Certaines communautés se plaignent des indemnisations reçues, tandis que d’autres attendent toujours leur relocalisation. À Bantamaya, dans Ourékaba, par exemple, le nouveau site n’est pas encore prêt, malgré les engagements pris », a expliqué Ibrahima Sory Kourouma.
Au-delà de ce rapport d’impact annuel, l’organisation indique produire également des rapports trimestriels afin de maintenir un suivi régulier de la situation dans les zones impactées.
« Nous ne produisons pas seulement des rapports annuels, mais aussi des rapports trimestriels, partagés localement par les comités auprès des autorités locales et des représentants des entreprises. À Action Mines, nous amplifions leur voix en transmettant leurs préoccupations aux directions des entreprises et aux services techniques de l’État. »
Sur le terrain, certains représentants des communautés affirment déjà ressentir les conséquences des activités liées au projet. C’est le cas d’Alkaly Bangoura, président du comité de suivi à Kaback, dans la préfecture de Forécariah.

« Depuis le début des activités, notamment le dragage, la zone de pêche seule ressource des habitants est complètement touchée. Les pêcheurs n’ont plus d’endroit pour opérer. Nous enregistrons constamment la destruction des filets et la fuite des poissons. Une rareté de poisson se fait déjà sentir. »
Dans les prochaines semaines, Action Mines Guinée prévoit de partager ce deuxième rapport annuel avec plusieurs parties prenantes, notamment les ministères des Mines et de l’Environnement, ainsi que d’autres institutions concernées, dans l’espoir de favoriser une meilleure prise en compte des préoccupations des communautés affectées par le projet Projet Simandou.

















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