Trois mois après la signature d’un protocole d’accord censé apaiser les tensions dans le secteur éducatif, la trêve sociale apparaît plus fragile que jamais en Guinée. Réunie en assemblée générale extraordinaire ce samedi 11 avril 2026 à la Bourse du travail de Conakry, l’intersyndicale FSPE-SNE a vivement dénoncé l’inaction gouvernementale et acté sa rupture avec le SLECG.
Signé le 3 janvier 2026 entre l’exécutif et les partenaires sociaux, le protocole d’accord peine à produire des résultats concrets. Les responsables syndicaux évoquent un blocage persistant qui nourrit la frustration croissante des enseignants et renforce le climat de défiance dans les établissements scolaires.
La rencontre a également marqué une recomposition majeure du paysage syndical. Le secrétaire général du Syndicat National de l’Éducation, Michel Pépé Balamou, a officialisé la rupture avec le syndicat dirigé par Aboubacar Soumah.
« Le SLECG a définitivement tourné le dos à la défense des intérêts matériels et moraux des enseignants. Il est devenu le porte-voix d’un gouvernement qui maintient délibérément la corporation dans une précarité indigne », a-t-il dénoncé devant les militants réunis.
L’intersyndicale place désormais le Premier ministre Amadou Oury Bah face à ses responsabilités. Un moratoire a été fixé jusqu’au vendredi 17 avril à minuit afin de permettre à la Primature de débloquer la situation.
Deux exigences sont posées :
1. La signature immédiate des arrêtés conjoints liés au protocole.
2. L’installation effective des trois commissions techniques prévues par l’accord du 3 janvier.
Les syndicats rappellent que la grève lancée le 1er décembre 2025 n’a été que suspendue, ce qui leur permettrait de relancer le mouvement sans nouvelle procédure administrative.
« Si d’ici vendredi soir, aucune mesure tangible n’est prise, la reprise du mouvement sera immédiate. Nous n’aurons pas besoin de remplir de formalités administratives : un simple communiqué de levée de suspension paralysera tout le système. Notez bien cette date : lundi 20 avril 2026 », a prévenu Michel Pépé Balamou.
Le compte à rebours est désormais enclenché. Sans avancées rapides, le système éducatif guinéen pourrait connaître une nouvelle paralysie, mettant en péril la fin de l’année scolaire.





















