Après près de trois décennies d’exploitation comme principal réceptacle de déchets, la décharge de Dar es Salaam s’apprête à connaître une nouvelle transformation. Le gouvernement a officiellement lancé, ce lundi 2 novembre 2026, le projet de réhabilitation environnementale du site, fermé à la suite de l’éboulement meurtrier du 23 août dernier. Le chantier prévoit notamment la sécurisation du massif de déchets, le traitement des gaz ainsi que l’aménagement d’un parc urbain ouvert au public.

Face aux risques sanitaires et environnementaux liés à l’exploitation prolongée de cette décharge, le ministre de l’Assainissement, Aboubacar Camara, estime que sa fermeture était devenue indispensable. Il considère cette décision comme une étape déterminante dans les efforts engagés pour améliorer le cadre de vie à Conakry.
« Quels que soient les efforts consentis pour assainir Conakry, tant que cette décharge demeurait ouverte, rien n’avait d’impact. Sa fermeture n’est donc pas une réussite parmi d’autres, elle est la condition de toutes les autres », a déclaré le ministre.
Au-delà de la fermeture du site, le projet ambitionne de transformer l’ancienne décharge en un espace vert accessible aux populations. Une perspective qu’Aboubacar Camara a évoquée en présentant les futurs aménagements.

« Pour la première fois, le Conakryka pourra dire à sa famille qu’un week-end, nous allons nous promener et prendre de l’air au parc de Dar es Salaam », a-t-il indiqué.
Sur le plan technique, les travaux prévoient notamment la stabilisation du massif de déchets, sa couverture par couches successives, l’installation d’un système de drainage ainsi que la mise en place de dispositifs de captage et de traitement des gaz. Ces interventions visent à réduire les risques d’éboulement, d’incendie et de nouvelles pollutions.
Toutefois, le ministre a rappelé que la réhabilitation de Dar es Salaam ne suffira pas, à elle seule, à résoudre les problèmes d’insalubrité dans le pays. Il a ainsi plaidé pour le renforcement des mécanismes de financement afin d’assurer durablement le fonctionnement de toute la chaîne de gestion des déchets, de la pré-collecte à la valorisation, en passant par la collecte, le transport et le tri.
Parmi les pistes évoquées figurent le principe du pollueur-payeur, l’instauration d’une contribution de salubrité, l’adoption d’une réglementation adaptée et le développement de partenariats public-privé.
« Chaque maillon a un coût permanent que, malheureusement, le budget national ne peut porter seul », a-t-il souligné.
















