Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 10 avril 2026, le ministre de la Culture a pointé du doigt des pratiques frauduleuses liées à l’utilisation de l’assurance maladie accordée aux artistes en Guinée.
Depuis plus d’un an, le gouvernement, à travers le département de la Culture, a mis en place une couverture sanitaire destinée aux acteurs culturels, une mesure largement saluée par le secteur qui faisait face, jusque-là, à d’importantes difficultés pour payer les ordonnances médicales.
« Cette carte d’assurance, je pense que c’est une exception sur le continent. Que vous puissiez aller vous faire soigner gratuitement. Les produits pharmaceutiques, vous ne payez absolument rien. Vous êtes hospitalisés gratuitement. Vos examens médicaux sont faits gratuitement », a expliqué le ministre.
Malgré cette prise en charge, Moussa Moïse Sylla déplore des abus. « Et quand c’est gratuit, permettez-moi de vous le dire, le guinéen exagère », a-t-il regretté, rappelant l’effort financier de l’État : « L’État, chaque année, je donne un exemple, met 10 milliards à côté […] afin de permettre que la police d’assurance soit efficace. 10 milliards, une année. C’est un exemple que je donne. Vous avez de vrais malades, qui sont des doyens […] ces doyens-là, qui ont plus de 75 ans, ont tout donné au pays. Maintenant que ce mécanisme existe, il faut qu’ils soient pris en charge. Vous avez donc des doyens qui sont assez malades […] 10 personnes parmi un peu plus de milliers, peuvent consommer 30% des 10 milliards […] Ça, c’est normal, parce qu’ils sont réellement malades. »
Le ministre affirme toutefois que certains artistes, avec la complicité de professionnels de santé, détourneraient le dispositif. « Vous avez des malades qui déambulent […] qui ont un petit mal, des petites céphalées, qui vont à la pharmacie, en complicité avec certaines personnes, gonflent les médicaments à percevoir. Après avoir passé chez un docteur, les médicaments dont il n’a pas besoin […] ils inscrivent une ordonnance de 20 millions, il va à la pharmacie […] au lieu de lui donner les 20 millions en produits, il prend des produits qui ne coûtent que 500 000 francs, et le reste de l’argent est donc partagé. Ils font ça, et à plusieurs reprises, nous avons eu affaire à ce genre de cas. »
Face à ces dérives, des mesures de contrôle ont été annoncées en collaboration avec le Bureau Guinéen du Droit d’Auteur et les assureurs. « J’aimerais donc informer tout le monde, que désormais, j’ai donné des instructions au BGDA, et également à l’assurance […] tout sera contrôlé. Pour les hospitalisations, pour les prises de médicaments, tout sera contrôlé. On ne veut pas que quelques personnes profitent de cette police d’assurance pour s’enrichir parce que c’est quelque chose qui est progressif […] mais si vous consommez de la sorte, l’argent sera complètement consommé […] Il faut éviter les péchés dans de tels cas. C’est une justice qui est venue, une justice réparatrice […] il faut éviter d’en profiter à outrance au détriment des vrais malades. »

















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