Le décès de Mamadou Djouma Bah, candidat au baccalauréat, session 2026, continue de susciter des réactions. Âgé de 18 ans et atteint de drépanocytose, le jeune homme est décédé après avoir été condamné pour fraude aux examens. Son père est revenu sur les circonstances ayant précédé sa disparition et a lancé un appel aux autorités.
Interrogé, Boubacar Bah explique que son fils poursuivait ses études à Kindia depuis plusieurs années, loin du domicile familial. Il affirme ne pas connaître les circonstances exactes de l’affaire, le jeune homme n’ayant pas eu le temps de lui en parler.
« Je ne vis pas à Kindia. C’est mon fils qui y est venu pour ses études. Il était là depuis la 8ᵉ année jusqu’au baccalauréat. Je ne sais pas ce qui s’est réellement passé pendant les épreuves, parce qu’il n’a jamais eu le temps de me l’expliquer. Ils ont été arrêtés puis conduits en prison. Mon fils souffrait de drépanocytose et ne supportait pas le froid. Il est resté quatorze jours en détention avec six autres personnes, dont une nourrice. S’il était sorti avant, il aurait peut-être pu m’expliquer ce qui s’était réellement passé », confie-t-il.
Très affecté par cette perte, le père du défunt invite les autorités à réfléchir à une autre approche dans le traitement des dossiers impliquant des élèves poursuivis pour fraude.
« Je demande aux autorités de revoir leur manière de faire. Les élèves sont l’avenir de ce pays. Ce sont eux qui deviendront journalistes, médecins, militaires ou même président de la République. Je demande aussi que les autres élèves encore en prison puissent retrouver la liberté », plaide-t-il.
Boubacar Bah est également revenu sur les dernières heures de son fils. Selon lui, ce dernier avait été admis à l’hôpital avant de regagner le domicile familial, où son état de santé s’est brusquement aggravé.
« Mon fils avait été autorisé à être hospitalisé. Après dix jours à l’hôpital, les médecins nous ont demandé de rentrer à la maison pour suivre son évolution. Mais dès notre arrivée devant la porte, il est tombé. Nous sommes repartis immédiatement à l’hôpital. Vers 23 heures hier, il m’a dit : « Papa, je ne respire pas bien ». Ensuite, il m’a demandé de le laisser s’appuyer sur moi en disant qu’il allait mourir. Quelques minutes plus tard, il a rendu l’âme. Il venait d’avoir 18 ans il y a seulement deux mois », témoigne-t-il.
De son côté, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kindia a présenté ses condoléances à la famille et assuré que la justice avait autorisé la prise en charge médicale du jeune détenu dès que son état de santé l’avait nécessité.
« Nous sommes navrés par ce décès. Personne ne souhaite la mort d’un détenu. Nous aurions préféré qu’il purge sa peine et retrouve ensuite sa place dans la société. Dès que nous avons été informés de son état de santé, nous avons autorisé sa prise en charge et il a été remis à ses parents. Je ne refuserai jamais qu’une personne malade soit soignée. La prison n’est pas faite pour tuer quelqu’un, mais pour lui permettre de se repentir avant de reprendre une vie normale », affirme le magistrat.
Le procureur a également indiqué que les élèves condamnés avaient été répartis entre les quartiers réservés aux mineurs et aux femmes, conformément aux dispositions en vigueur. Il précise qu’aucune plainte particulière concernant leurs conditions de détention ne lui avait été signalée lors de ses visites à la maison centrale de Kindia.


















