Le ministre de Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures a lancé, dans la soirée du mardi 12 mai 2026, une vaste opération de nettoyage et de curage des caniveaux dans le Grand Conakry. Cette initiative vise à anticiper les risques d’inondations à l’approche des grandes pluies.
Pour Aboubacar Camara, l’état actuel de l’insalubrité n’est pas une fatalité, mais la conséquence de comportements ancrés dans le temps. « La situation d’insalubrité que connaît aujourd’hui notre pays ne date pas d’hier. Elle résulte de comportements que nous avons progressivement adoptés, tolérés et banalisés pendant de nombreuses années », a-t-il déploré.
Tout en reconnaissant l’importance des leviers techniques et financiers, le ministre a insisté sur le fait que la réponse ne peut être exclusivement institutionnelle. Il a notamment pointé du doigt le relâchement de la veille sociale au niveau local : « Même dans les quartiers, on constate que plusieurs personnes qui devraient sensibiliser les populations sur ces enjeux ont fini par tourner le dos à cette responsabilité. »
Au-delà de la santé publique, le ministre lie la propreté urbaine à la crédibilité internationale de la nation, qualifiant l’assainissement de « miroir diplomatique ».

« L’assainissement, c’est le miroir diplomatique d’un pays. Quand un étranger arrive dans un pays, de l’aéroport à l’hôtel, sa première observation porte sur la salubrité. C’est à travers ce regard qu’il juge le pays », a-t-il affirmé, soulignant que la première impression d’un visiteur forge durablement l’image du territoire.
En conclusion, le ministre a mis en garde contre l’incivisme, rappelant que les populations sont les premières victimes des réseaux d’évacuation obstrués. Exhortant les relais d’opinion à se mobiliser, il a rappelé la responsabilité humaine dans la gestion des déchets.
« Sachons que ce ne sont pas des diables qui viennent déposer ces ordures. Il faut que les gens cessent de jeter des déchets dans les caniveaux. En le faisant, ils pensent nuire à autrui, mais ils se nuisent à eux-mêmes », a-t-il martelé. Selon lui, le défi majeur est désormais d’ordre éducatif : « Aujourd’hui, la sensibilisation constitue notre plus gros chantier. »


















