Un système de santé en tension : regarder la réalité en face pour mieux avancer
La Guinée est une nation qui a renoué avec l’espoir dans le domaine de la santé. La nomination, en février 2026, de Madame la ministre Khaité Sall, réformatrice portant une feuille de route axée sur la digitalisation et la couverture sanitaire universelle, en est le signe le plus récent.
Dotée d’une jeunesse nombreuse, d’un sous-sol parmi les plus riches du monde et d’une volonté collective de bâtir, elle réunit toutes les conditions d’un destin exceptionnel. Mais entre le potentiel et la réalité du quotidien, il subsiste encore un écart que nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer, en particulier dans le domaine de la santé.
Les données les plus récentes le montrent avec clarté. Selon une analyse publiée en mai 2025 par la Banque mondiale, le budget national exécuté en 2022 ne couvrait que 15,8 % des besoins identifiés dans le Plan national de développement sanitaire. Les dépenses publiques de santé par habitant s’établissent en moyenne à 3,9 dollars US par an sur les deux dernières décennies.
En matière de ressources humaines, la Guinée comptait 8 professionnels de santé pour 10 000 habitants (médecins, infirmiers et sages-femmes confondus), contre un minimum de 45 préconisé par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) pour garantir une couverture primaire adéquate.
Du côté des ménages, la mortalité maternelle reste un défi majeur, estimée à 550 décès pour 100 000 naissances vivantes selon l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population), lors d’un atelier national tenu à Conakry en décembre 2025.
Ces chiffres ne sont pas une condamnation. Ce sont des points de départ. Ils indiquent où nous en sommes et où nous pouvons aller. Et des signaux d’espoir existent. En août 2025, le Premier ministre Bah Oury a salué une baisse significative du taux de mortalité sur l’ensemble du territoire guinéen, à l’occasion du lancement officiel du vaccin antipaludique à Conakry. La direction et les choix politiques sont bons. Il s’agit maintenant d’accélérer.
Le numérique en santé : un levier stratégique
Pendant longtemps, la santé numérique a été perçue, dans nos pays d’Afrique de l’Ouest, comme un horizon lointain réservé aux économies avancées. Cette perception appartient désormais au passé. Le digital est aujourd’hui l’un des leviers les plus accessibles et les plus efficaces pour transformer en profondeur un système de santé, à condition de s’en saisir avec intelligence et en tenant compte de nos réalités locales.
Plusieurs raisons rendent cette transformation non seulement possible, mais impérative en Guinée :
La démographie, d’abord. Avec une population dont 43 % a moins de 15 ans (RGPH-4, chiffre publié en février 2026 par l’Institut national des statistiques), le numérique permettra d’anticiper les besoins de demain. Une autre statistique issue du même RGPH-4 précise que l’âge moyen de la population guinéenne est de 22 ans, ce qui fait de la Guinée l’un des pays les plus jeunes du monde. Cette jeunesse est connectée, mobile et à l’aise avec le numérique. Elle utilise les réseaux sociaux, le mobile money et les services en ligne. Il n’y a donc aucune raison que la santé reste à l’écart de cette dynamique.
Le cloisonnement de l’information sanitaire, ensuite. Aujourd’hui, un patient qui change d’établissement repart de zéro. Un médecin qui souhaite orienter un patient vers un spécialiste s’appuie souvent sur son réseau personnel, faute d’annuaire fiable. Un citoyen qui veut trouver un hôpital, une clinique, un laboratoire ou une pharmacie ne dispose généralement d’aucun outil adapté. Cette fragmentation n’est pas une fatalité, mais un problème d’organisation que le numérique peut résoudre.
Les inégalités géographiques d’accès, enfin. Dans un pays à forte prédominance rurale, certaines régions restent sous-médicalisées. La prise de rendez-vous à distance, la télémédecine, le dossier médical numérique et la coordination entre structures de soins permettent de rapprocher les services de santé des citoyens, là où les moyens physiques font encore défaut. Digitaliser la santé en Guinée, ce n’est pas importer un modèle étranger, mais construire des solutions adaptées à nos réalités.
NiE Santé : connecter pour mieux soigner
C’est dans cette optique qu’est née NiE Santé, une application web et mobile conçue pour connecter l’ensemble de l’écosystème de la santé guinéen au sein d’une plateforme unique.
L’ambition est claire : mettre en relation patients, professionnels de santé et institutions, de manière simple, accessible et fiable. Concrètement, NiE Santé permet aux citoyens de localiser les établissements de santé les plus proches grâce à la géolocalisation, de prendre rendez-vous avec des médecins, pharmaciens ou laborantins, d’accéder à des campagnes de sensibilisation et à des informations médicales fiables.
Pour les professionnels de santé, la plateforme offre une meilleure visibilité, des outils de coordination et un lien direct avec leurs patients et leurs pairs. Elle constitue également un appui concret à la gestion de leurs activités.
NiE Santé ne prétend pas répondre à tous les défis du système de santé guinéen. Elle se positionne comme un catalyseur, en s’attaquant à des problématiques immédiates : la désorganisation, l’opacité et le cloisonnement qui freinent l’accès aux soins.
Un horizon ouvert : construire ensemble l’avenir
Ce qui existe aujourd’hui n’est qu’un début. La santé numérique ouvre des perspectives encore largement sous-exploitées. L’intelligence artificielle pourrait, à terme, appuyer le diagnostic là où les spécialistes sont rares. L’analyse des données de santé pourrait permettre aux décideurs d’anticiper les crises sanitaires. Des solutions de paiement adaptées pourraient lever les barrières financières, tandis que la télémédecine pourrait élargir l’accès aux soins.
Ces perspectives doivent être construites progressivement, portées par des acteurs locaux qui comprennent les réalités du terrain. La santé est un droit fondamental inscrit dans la Constitution guinéenne. Le numérique représente aujourd’hui un levier puissant pour en faire une réalité pour chaque citoyen.
L’élan est là, la conviction aussi. Et, comme souvent, « l’histoire s’écrit dans le présent ». Il nous appartient donc de rester engagés, en réflexion comme en action.
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Mohamed Kefing KABA, Fondateur de NiE | NiE Santé

















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