À l’occasion de la fête internationale du Travail, le secrétaire général du Syndicat National de l’Éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, a livré un discours ferme et mobilisateur à l’endroit des enseignants et des autorités guinéennes. Entre hommage historique, dénonciation sociale et avertissements politiques, le ton est resté déterminé.
Dans son allocution, le leader syndical a d’abord inscrit la célébration dans la continuité des luttes ouvrières mondiales. « En ce jour historique où le monde entier célèbre la 140ème édition de la Journée Internationale des Travailleurs, je prends la parole […] avec une émotion teintée d’une profonde détermination. »
Rappelant les luttes ouvrières à l’origine du mouvement, il a souligné la place centrale de l’enseignant dans la construction nationale. « Le travail n’est pas une marchandise, et l’enseignant n’est pas un simple prestataire, mais le socle sur lequel repose l’avenir de la Nation guinéenne. »
Malgré les engagements gouvernementaux, le tableau dressé par le syndicat reste particulièrement sombre. L’augmentation du coût de la vie, la stagnation salariale et le manque de moyens pédagogiques constituent le cœur des revendications. « Face à une inflation galopante et à la cherté de la vie, le salaire de l’enseignant guinéen est devenu une peau de chagrin. Comment peut-on demander à un pédagogue de nourrir l’esprit des enfants de la République quand lui-même peine à nourrir sa propre famille ? »
Le discours insiste également sur la surcharge des classes et la pénurie de matériel : « L’enseignant guinéen est un magicien qui doit produire des résultats d’excellence avec des moyens d’indigence. »
Le secrétaire général a rappelé que la suspension de la grève depuis décembre 2025 constitue un acte de responsabilité sociale, mais ne signifie pas l’abandon des revendications. « En saisissant la main tendue du gouvernement, nous n’avons pas abdiqué. […] Cependant, que nul ne s’y trompe : la suspension n’est pas une fin. La veille syndicale reste permanente. »
Le SNE a dressé un inventaire détaillé des difficultés persistantes : salaires bloqués, primes impayées, opacité dans le reclassement, incertitudes pour les retraités et situation critique des enseignants contractuels. « Comment parler de Fête du Travail quand le travailleur est asphyxié par le blocage injustifié des salaires, l’opacité du reclassement et le calvaire des enseignants cumulant neuf mois d’arriérés ? »
Le syndicat réaffirme par ailleurs son engagement dans trois commissions techniques liées aux contractuels, aux nominations et à la révision du statut particulier de l’éducation.
Le discours s’est conclu par un appel clair aux autorités, insistant sur la nécessité d’investir dans l’éducation et de respecter les engagements pris. « L’éducation est une priorité qui ne doit pas s’arrêter aux discours. Investir dans l’enseignant, c’est investir dans la stabilité et le développement de la Guinée. »
Le leader syndical a également évoqué la liberté syndicale, appelant au respect de la convention 87 de l’Organisation internationale du Travail. « Le favoritisme est le poison de la paix sociale. »
Le SNE a lancé un appel à la cohésion du mouvement enseignant et à la refondation du syndicalisme éducatif en Guinée. « La refondation d’un syndicalisme enseignant en République de Guinée est un impératif catégorique non négociable. »
Ce discours du 1er mai confirme que la trêve sociale reste fragile dans le secteur éducatif. Le SNE affiche une posture d’ouverture au dialogue, tout en maintenant une pression politique forte sur l’exécutif. Le message est clair : la mobilisation demeure, et la patience du corps enseignant n’est pas illimitée.

















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